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Flash  sur les deux villes jumelles Tain-l'Hermitage                                                                              Tournon-sur-Rhône

Tournon-sur-Rhône (Ardèche) est la ville de toute ma jeunesse et puis un jour j'ai traversé le Rhône pour habiter Tain-l'Hermitage (Drôme) aux pieds des célèbres Côteaux de l'Hermitage...

Jacky, le petit écrivain de Tain l'Hermitage

Publié le 15 Juillet 2013

Jacky, le petit écrivain de Tain l'Hermitage

EXTRAITS DU LIVRE : Lettre à mon boss (écrit en 2008)

Notre famille a continué son petit bout de chemin et en mars 1968 c'est le tournant de ma vie, mon premier emploi, mon premier salaire, ma première feuille de paye 500 francs tout rond. En effet après plusieurs courriers et recherches comme comptable, j'entrais dans une société qui fabriquait du matériel de camping et dont le slogan était : le camping c'est... Je recevais même le lendemain une lettre d'embauche d'une banque et comme comptable. A vrai dire j'ai sûrement fait la bêtise du siècle et je l'ai longuement regretté. J'ai été top naïf, croyant que j'aurais plus de chance de m'épanouir, d'oublier mon handicap au contact du personnel de l'entreprise que de rester enfermer dans le bureau d'une banque. Cruelles déceptions et désillusions, pendant les vingt premières années j'ai été EXPLOITE, traité comme un chien par un haut responsable de l'entreprise à qui tout était autorisé. Monsieur Roger, un gars genre deuxième ligne au rugby, 2 mètres, plus de 100 kilos de graisse sur la bascule, un ours. Difficile de parler de lui et de ses horreurs et pourtant, oui pourtant, comment les oublier ? Un matin il aperçu quelques traces sur le mur du couloir, ne cherchez pas le coupable, pour lui il était tout désigné ! C'est vous Jacky qui tâchez les murs ? Ce n'est pas une honte de marcher avec une canne, ça vous éviterez de vous appuyer et tâcher les murs !! Je n'ai pas eu le courage de lui répondre pas plus que tous mes collègues qui avaient bien entendu ces mots horribles ! Je n'avais que vingt ans, mon premier emploi... Personne ne travaillait le samedi sauf, oui sauf qui ? Devinez aussi ? Encore moi évidemment, parfois pour rien ou pour une demi heure de boulot je devait rester quatre heures et que faire, que lui dire ? Rien ! J'étais son esclave, l'homme à tout faire. Il s'en fichait de mon handicap, la preuve, mon bureau ne se trouvait pas dans les mêmes bâtiments que le service du personnel comptable et commercial. Pour y aller je devais descendre un étage, parcourir cinq cents mètres à pieds et monter deux étages. Y aller pour qui, pour quoi ? Devinez encore ? Monsieur Roger n'avait rien trouvé de mieux comme petit jeu, installer la photocopieuse dans mon bureau et interdire à tous de se déplacer ! Devinez la suite ? Un coup de téléphone, Jacky j'ai une photocopie urgente, puis une autre, puis des autres et je descendais, marchais, montais et mon travail ne se faisait pas. Heureusement que quelques collègues voyants le calvaire que je supportais essayaient de regrouper au maximum. Un matin, le téléphone sonne, Jacky vous montez me voir, j'ouvre la porte du bureau de Monsieur Roger, le sol était jonché d'enveloppes vides, il venait de dépouiller son courrier, il me regarde avec son sourire hypocrite, se permettant de me demander si j'étais en forme, puis en parfaite décontraction me balança : « vous me ramassez toutes ces enveloppes pour la poubelle » ! Pour la première fois je l'ai regardé dans les yeux, prêt à pleurer et j'ai fait mon travail. En sortant de son bureau, je tremblais comme une feuille, j'avais honte d'être son esclave, oui je devenais son esclave, je pleurais et je roulais toutes les marches d''escaliers comme une boule.

Je ne te demandais rien, non et tu le savais
Simplement un mot, de me laisser travailler en paix
Hypocrite, harceleur, menteur voilà tes qualités
On tombe sur des merdes,
Des gens qui jouent avec notre santé
Pour nous faire souffrir et nous pousser dans l’ultime tranchée
Je n'ai connu que des jours sombres pendant trente années.
Par ta faute, même les jours les plus beaux se sont effondraient
Tu m’apportais un sentiment de dégoût de lâcheté
Prends tes responsabilités mais ne perds pas de temps à discuter
Tu n’as jamais été capable de te contrôler
Jamais d’excuse, encore moins de regret
Tu m’as brisé, enchaîné, déchiré, tu peux en rigoler
C’est toi le coupable, c’est toi qui m’ignorais
Tu es un minable et j’espère qu’un jour tu vas le payer
Devant les Prud’hommes tu devras t’expliquer
Là tu ne pourras plus mentir, les preuves je les sortirais
Tu serras dégoutté de m’entendre avouer
J’aurais encore en moi cette force de te regarder
Si je pouvais te cracher au visage et t’agresser
Tu deviendrais comme moi une personne handicapée
Alors, là peut être que tu arriverais à transcrire tes regrets
Je voudrais pouvoir vite t’oublier, de ma vie te rayer
Tu as fauté, dis la vérité, tu es trop nul pour t’excuser
Tu es une honte pour notre belle société
Tu n’es qu’un monstre de la vie on doit te chasser
Mon boss si justice il y a un jour tu vas le payer.

Jacky, le petit écrivain de Tain l'Hermitage
Jacky, le petit écrivain de Tain l'Hermitage
Jacky, le petit écrivain de Tain l'Hermitage
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