Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash  sur les deux villes jumelles Tain-l'Hermitage                                                                              Tournon-sur-Rhône

Tournon-sur-Rhône (Ardèche) est la ville de toute ma jeunesse et puis un jour j'ai traversé le Rhône pour habiter Tain-l'Hermitage (Drôme) aux pieds des célèbres Côteaux de l'Hermitage...

Notre rue Thiers (Tournon s/Rhône) Souvenirs d’enfance...

Publié le 24 Juillet 2013

Notre rue Thiers (Tournon s/Rhône) Souvenirs d’enfance...

Que de souvenirs dans cette rue, notre Rue Thiers où nous y avons résidé plus de trente années pour le meilleur comme pour le pire. Une rue assez étroite où deux voitures pouvaient tout juste se croiser. Une rue très commerciale qui partait du bureau de tabac jusqu’au cinéma. Nous habitions au N°13 qui un jour est passé au 15, ne me demandez pas la raison. Il y avait un énorme porche avec un portail en bois qui restait quasiment ouvert sauf lorsque nous jouions au foot pour éviter que le ballon ne traverse la route. A gauche la superbe boutique de M. Jean le tailleur qui confectionnait costumes, pantalons et vestes. Issu de famille arménienne il débutait très tôt dans la profession et se percevait comme un travailleur manuel peu érudit. Il nous racontait que l’apprentissage était consacré au maniement du dé : le doigt attaché, ils passaient sempiternellement une aiguille sans fil dans un bout d’étoffe durant plusieurs semaines. S’ils étaient doués, l’apprentissage consistait ensuite à s’exercer à coudre des points dans cette même étoffe. L’apprentissage se faisait par répétition et non par explication. L’apprenti pouvait passer une année sans toucher un vêtement.
A droite, M. Verger était un photographe de réputation régionale. Il travaillait pour le journal « Le Progrès »... Il était avant tout un photographe qui aimait passionnément son travail. Des portraits de mariés, de gosses, de communions et de la ville de Tournon faisaient le bonheur des passants qui aimaient lécher les vitrines.
Avec mon frère Fanfan nous en avons usé des godasses dans cette rue Thiers où nous étions et sans jouer les prétentieux, appréciés de tous. Chapelon le droguiste stéphanois spécialiste de peintures pour rénover un appartement. Mme. Morel, une commerçante généreuse. La caverne d’Ali baba dans son commerce, vendeur de matériel ménager, installateur électricien, et dépanneur de toutes marques. Le patron était le capitaine des pompiers. Sapet, l’art de fabriquer les plus beaux meubles. Chanal le coiffeur, capable de vous parler de pêche au brochet pendant des heures, quel passionné . Ouvert 7/7 jours, Papy et Mamy Fressinet tenaient ce «Casino» depuis de nombreuses années. On y trouvait de tout, oui, de tout : Du sel, des clous, de la vanille, du pain de seigle, du saindoux. A la petite épicerie, On dirait que le soleil rit entre les pommes et les choux. Continuons ce bonheur et arrêtons-nous ici et là au bureau de tabac et presse chez Mme Ferray et son fils, talentueux demi de mélée du FCTT, puis pas très loin un autre univers, le chant des oiseaux et l’odeur des graine et autres semences. La marchandise était pesée sur une Roberval avec des poids en laiton,  emballée dans des poches en papier avec un peu de pub pour la maison. Mme Massemis, un nom tout destiné, vendait de la même façon des fèves sèches, des pois cassés, lentilles, des haricots, une façon comme une autre d'éviter des gaspillages. Un russe dans la rue Thiers ? Ben oui, Popoff tenait une petite boutique mercerie, lingerie. Le bougre il en a vendu des kilomètres de fil et des milliers de boutons et pelotes de laine, car à cette époque le tricotage remplaçait la télé. Il ne fallait surtout pas le contrarier ou le bousculer car en quelques secondes, fort de ses 120 kg il vous mettait KO. Sa passion ? Les cartes, et il ne se faisait pas prier pour venir un samedi soir jouer à la belote, mais quel mauvais perdant… Layeul mon bijoutier, ma première montre… Que dire du Cinéma ! Deux sœurs à l’accent espagnol en assuraient la responsabilité, Merci encore pour les centaines d’entrées gratuites dont on bénéficiait… M. & Mme Sausset, photographe, que tout le monde connaissait sous « Léon », un homme dévoué, généreux et à qui l'on doit en grande partie des festivités extraordinaires comme ls fêtes du Rhône. Il était le reporter de la ville pour le journal du Dauphiné Libéré, mais aussi le patron de ce cinéma… Charreyre la première boutique de vêtements de grandes marques. Notre champion cycliste Ducros qui ne s’est jamais décarcassé pour aider son épouse à tenir le commerce et sans oublier l’épicerie Fourel, on y allait pour quelques bonbons, un mistral gagnant en sortant de l’école… Puis les Grandes Surfaces se sont implantées par ci par là et nos petits commerces on baissé le rideau ici et là… Un jour la rue Thiers est devenue une rue fantôme… Tous les petits commerces ferment, personne dans les rues… Le grand distributeur aura encore plus de liberté pour augmenter et vous vendre même des produits périmés de Chine, Inde ou autres pays… Si ce n’est pas déjà fait…… Sacrée Rue Thiers, des souvenirs à jamais gravés pour la vie…

Texte de Jacky BACHER

 

Notre rue Thiers (Tournon s/Rhône) Souvenirs d’enfance...
Commenter cet article